Ombres  est une pièce improvisée basée sur un processus.  C’est un travail sur la mémoire et sur les territoires qu’elle cache.  
Dans  cette  pièce  la  danseuse  est  seule  en    scène,  avec  un  point  de  lumière  fixe  (de  hauteur  d’homme) sur le fond de la scène, que ses ombres ou sa silhouette traverse par instants. 


Le processus 
Le  processus  commence  avant  présentation  par  un  travail  d’écriture  authentique.  Choisissant  au  hasard parmi huit questions, la danseuse revient sur un souvenir et écrit sans discontinuer pendant  une vingtaine de minutes. Elle se concentre sur un moment de ce souvenir qui n’excède pas 3 à 5 secondes. Ce peut être une scène, une image, une sensation, une émotion, une interaction,  ou un échange de paroles. 
La proposition consiste à habiter de nouveau cette mémoire et en fouiller les angles pour en tirer une ligne de composition chorégraphique qui opère pendant les vingt minutes suivantes sur scène. 
Ainsi  comment  d’un  souvenir  ténu  peut  s’écouler  une  source  de  poésie,  -  et  de  source  devenir  fleuve. Ou comment un événement de notre mémoire contient plus qu’il ne semble dire au premier abord, pourvu qu’on le laisse vivre et se développer au gré du mouvement et de la parole. Un peu comme  ces  tableaux  qui  contiennent  une  image  dans  l’image,  ou  une  clé  cachée  sous  forme  de  personnage ou d’un signe dont il faudrait déchiffrer l’énigme. 


Une approche mixte 
Ombres  fait  ainsi  converger  le  verbe,  le  mouvement,  et  le  travail  sur  la  voix,  dans  le  souci  d’extraire le sens le plus complet de la situation et de l’instant, et tel qu’il se livre sans forcer par des images suggestives, des correspondances imprévues et des allusions fortes. 


Les enjeux et le thème de la mémoire 
L’écriture est d’abord un travail d’amorce, et, dans ce processus, le souvenir en question est liée au moins à une personne précise, si bien que le solo est en quelque sorte un duo avec un partenaire invisible, ou avec un double inconscient.  
Le souvenir ne peut pas être refusé ou censuré, et quelle que soit sa nature, et ses risques - qu’il soit banal ou terrible -, il fait partie du processus de garder confiance dans la justesse du souvenir, et enfin dans la justesse de l’instant, dont il  sortira transfiguré. 
Parce qu’aucune mémoire n’est jamais finie, et  participe à tout moment du présent, Ombres  met  à nu et au vu de tous  le comportement de  cette mémoire vivante et fuyante à la fois... 
De même qu’on ne traverse jamais deux fois le même fleuve, la danseuse ne traverse jamais deux fois  le  même  lieu  de  mémoire,  et  chaque  solo  est  unique,  bien  qu’il  poursuive  le  même  chemin  d’exploration - ou qu’il puisse se produire dans le même lieu. 
Le  public  par  sa  présence  et  son  écoute  crée  à  sa  manière  l’environnement  perméable  à  l’invocation de cette mémoire en cours, et devient le porteur sensible de cet inconscient. 
Ombres,  de  fait,  bouscule  les  niveaux  de  lecture  et  renvoie  le  spectateur  à  l’ambiguïté  de  ses  perceptions et à ses propres dérives d’interprétations, et il existe une interaction véritable entre la danseuse  et  le  public.  En  lui    offrant  et  lui  permettant  ainsi  de  vivre  l’effet  miroir::  il  devient  le  reflet - comme un miroir - de ces « ombres » qui nous habitent tous. 


La  thématique               
La thématique de l’ «ombre » fait allusion à ces parties de soi que l’on a laissées « dans l’ombre », et  qui  portées  à  la  lumière  (celle  de  la  scène)  changent  soudain  d’aspect  et  de  sens,  jusqu’à  s’adoucir.  Suivant  la  métaphore,  nous  sommes  un  peu  comme  une  grande  maison.  Il  y  a  des  pièces  que  nous  ne  visitons  plus  ou  dont  nous  avons  perdu  la  clé.  Des  pièces  dont  nous  croyons  qu’elles  referment  une  peur  tandis  qu’elles  referment  de  la  lumière.  A  moins  que  cette  peur  justement ne soit une forme de lumière, ou disons tout simplement un passage... 
Le temps de ce  passage sur scène, Ombres  offre une chance à cette mémoire insoupçonnée ou difficile. Et la scène elle-même devient un peu ce lieu  parfait, idéal, étrange à la fois de mystère et de transparence... 

diffusion : 
- 24 juillet 2005 : Stanica Zilina – Zariecie (Slovaquie 
- 22/24 mars 2005 : filage professionnel au CND, Paris 
- 28 février & 1er mars  2005 : Théâtre Jean-Vilar, Bourgoin-Jallieu, France 
- 21 mars 2004 : Théâtre Jean -Vilar, Bourgoin-Jallieu, France 
- 2 octobre 2003 : Polli Talu Art Center, Vatla, Estonie 

presse 

“Claire  Filmon,  une  très  belle  danseuse,  dans  un  spectacle  d’improvisation  baptisé  “Ombres”,  qui  par sa grâce et son énergie, son talent aussi, a su captiver une jeunesse d’abord bien dissipée dans les travées du théâtre Jean Vilar (...) Bribes de phrases alliées à une expression corporelle pleine d’inspiration ont créé son histoire. Celle d’une présence tangible, profonde, sensible, féline...” Ch. P “Le Dauphiné Libéré”. 3 mars 2005 

ombres - solo - 2 x 20' - 2004

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